Arrêté S21 2026 : ce qui change pour vos ventes et vos clients

La bascule du solaire résidentiel vers l’autoconsommation n’a rien d’une surprise, c’est la trajectoire logique que suit le tarif S21 depuis au moins deux ans. Pour vous, installateur, l’enjeu n’est donc plus de contourner le problème, mais d’adapter votre offre et votre argumentaire à un marché où la revente ne vaut presque plus rien.

Arrêté S21 2026 : les principales évolutions

Arrêté S21

Le tarif de rachat du surplus chute fortement

Le changement le plus marquant concerne le prix auquel le surplus de vos clients est racheté. Pour les installations jusqu’à 9 kWc donc la grande majorité de vos chantiers résidentiels le tarif est passé à 1,1 c€/kWh. (les arrêtés tarifaires sont trouvables sur Legifrance)

En l’espace de seulement 1 ans et demi le tarif de revente est passé de 12,69 c€/kWh avant mars 2025, puis 4 c€/kWh après la première réforme, et 1,1 c€/kWh depuis juin 2026. En même pas 2 ans, la rémunération de la revente a été divisée par plus de onze et concrètement, vous ne pouvez plus construire un devis sur la promesse d’un revenu de revente ce levier est désormais considérer comme « mort ».

La prime à l’autoconsommation disparaît

La prime à l’autoconsommation a elle aussi été supprimée pour toutes les demandes de raccordement déposées depuis le 4 juin 2026. Cette aide versée par EDF OA, qui allégeait le coût d’installation, va disparaît pour les nouveaux projets, vous perdez désormais une ligne dans vos plans de financement.

Par ailleurs, rien ne change sur la vente totale car pour les installations de 9 kWc ou moins, elle reste interdite. Vos clients ne peuvent revendre que le surplus non consommé et donc tout le dispositif nous dirige dans une seule direction : mieux consommer sa propre électricité.

Pourquoi cette réforme ?

Une volonté de réduire le coût des aides

Depuis la création du tarif S21 en 2021, le marché résidentiel s’est développer plus vite que prévu : près de 16 GWc de projets déposés entre fin 2021 et fin 2024, pour un objectif initial de 4,8 GWc et donc logiquement le coût des aides publiques est ainsi devenu beaucoup plus lourd qu’anticipé.

Actuellement produire de l’électricité solaire coûte aujourd’hui bien moins cher qu’il y a quinze ans. Les équipements ont fortement baissé et la filière est devenue assez compétitive pour nécessiter moins de soutien. Malgré la première baisse de mars 2025, le marché résidentiel a continué de progresser.

La rentabilité repose désormais sur l’autoconsommation

Si la revente ne rapporte presque plus rien, le solaire n’en reste pas moins rentable, c’est juste le centre de gravité qui se déplace. Chaque kilowattheure autoconsommé est un kilowattheure que votre client n’achète pas à son fournisseur.

En pratique, 1 kWh autoconsommé permet d’économiser environ 0,19 € (le tarif réglementé base étant à 0,1940 €/kWh en juin 2026), alors qu’1 kWh revendu ne rapporte plus que 0,011 €. Autrement dit, consommer sa propre production est aujourd’hui près de 18 fois plus avantageux que la revendre. Fournisseurs Electricité

par exemple : une installation de 6 kWc produisant environ 7 000 kWh par an, avec un taux d’autoconsommation de 70 %, génère près de 950 € d’économies par an sur la facture contre à peine une vingtaine d’euros de revente. La logique économique n’a plus rien à voir avec celle d’il y a quelques années.

exemple réaliser avec (PVGIS)

Comment en faire un argument commercial

C’est précisément là que se joue votre valeur ajoutée. La clé est d’aider le client à consommer son électricité au moment où elle est produite.

Faire fonctionner le chauffe-eau, recharger une voiture électrique ou lancer l’électroménager en pleine journée fait grimper le taux d’autoconsommation, donc les économies. Un dimensionnement adapté, associé à un bon pilotage des équipements (EMS, routeur solaire), permet généralement un retour sur investissement compris entre 8 et 12 ans selon la région, les habitudes de consommation et l’ensoleillement. Vendre du pilotage, ce n’est plus une option, c’est ce qui sécurise la rentabilité et donc votre argumentaire.

Ce qui ne change pas

Plusieurs éléments restent stables. Les contrats EDF OA sont toujours conclus sur 20 ans et les procédures de raccordement Enedis sont inchangées, la TVA à 5,5 % reste accessible pour les installations éligibles. Enfin, les clients ayant signé avant le 4 juin 2026 conservent leur tarif de rachat garanti.

En résumé

La réforme du tarif S21 acte un vrai changement de logique. La revente du surplus, longtemps mise en avant, n’est plus un argument de vente. Avec un rachat à 1,1 c€/kWh et la fin de la prime à l’autoconsommation, l’intérêt économique du solaire repose désormais presque entièrement sur l’électricité consommée directement dans le logement soit « l’autoconsommation »

Cela ne remet pas en cause la rentabilité des installations au contraire, car un projet bien dimensionné et pensé pour maximiser l’autoconsommation reste un excellent investissement. Le solaire change simplement de discours et de trajectoire, car le but sera désormais de produire d’abord pour sa maison et ensuite pour le réseau.

FAQ – Tarif S21 2026

Qu’est-ce que le tarif S21 ?
Le tarif S21 est le dispositif qui encadre le rachat de l’électricité photovoltaïque produite par les installations de moins de 100 kWc. Il fixe notamment le prix de rachat du surplus et les conditions permettant de bénéficier de l’obligation d’achat.

Quel est le tarif de rachat du surplus en 2026 ?
Pour les installations jusqu’à 9 kWc, le surplus est désormais racheté 1,1 c€/kWh, avec une indexation de 2 % par an pendant 20 ans.

La prime à l’autoconsommation existe-t-elle encore ?
Non. Les demandes de raccordement déposées à partir du 4 juin 2026 ne peuvent plus en bénéficier.

Peut-on encore vendre toute sa production ?
Non. Pour les installations résidentielles de 9 kWc ou moins, seule la revente du surplus après autoconsommation est autorisée.

Les anciens contrats sont-ils concernés par la réforme ?
Non. Les contrats signés avant le 4 juin 2026 conservent leurs conditions et leur tarif de rachat jusqu’à leur échéance.

Le photovoltaïque reste-t-il rentable ?
Oui. La rentabilité repose désormais principalement sur les économies d’autoconsommation. Une installation bien conçue peut toujours être amortie en 8 à 12 ans.

La TVA à 5,5 % est-elle toujours applicable ?
Oui, sous réserve de respecter les critères d’éligibilité (puissance, logement, installateur RGE et équipements conformes).

Pourquoi l’État a-t-il réduit les aides ?
Le marché du solaire résidentiel s’est développé beaucoup plus vite que prévu et le coût des aides publiques est devenu très élevé. En parallèle, le prix des installations a fortement baissé, rendant la technologie bien plus compétitive qu’avant.

Hugo Baboulaz

Stagiaire chez Kano Energy

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